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Lot 222 - Exceptionnel coffret écritoire du Roi Jérôme, par Martin Guillaume Biennais, [...]

Estimation : 150 000 € / 200 000 €

Adjugé à 368 750 €


Résultat avec frais

Exceptionnel coffret écritoire du Roi Jérôme, par Martin Guillaume Biennais, offert par sa épouse Catherine de Wurtemberg en 1810 en or, vermeil et bronze doré En acajou plaqué de loupe d’orme, à garnitures et angles de renforts en acier poli glacé profusément travaillé à pointe de diamant orné de motif en laiton.

Le couvercle présente au centre un large écu au chiffre « JN » sous couronne, encadré d’une frise, décorée au centre d’aigles aux ailes éployées dorés, entrecoupés de par et d’autre de couronnes royales, du chiffre «  JN  » (« Jérôme Napoléon ») dans des couronnes de laurier et d’un chiffre « RW » (Rex Westphalia) également dans des couronnes de laurier, enrichi d’abeilles d’or dans des losanges et de rinceaux, cela répété en continuité sur tout le pourtour.

Les angles étant garnis de têtes méduses en or. Tous les bords sont protégés par des baguettes d’angle en acier ciselé en continuité à décor de branches de laurier entrecoupées tout les 10 cm de rosaces en or.
Sur le devant, un grand écusson à six pans frappé de deux larges palmes, en acier poli glacé ciselé à pointes de diamant, enrichi au centre de l’Aigle couronnée aux ailes éployées dans une couronne de feuilles de laurier, agrémentée de rubans.
Sur les côtés, deux poignées repliables en acier ciselé également à pointes de diamant reposant sur des rosaces.
Repliées, les poignées s’amortissent sur des étoiles.

Ouvert il présente : Dans le couvercle un écritoire recouvert de maroquin vert, décoré en bordure au petit fer à l’or d’une suite de palmes et rinceaux.
Cet écritoire s’ouvre par un système de pression caché en bordure. L’écritoire relevé présente un espace de rangement en acajou.
La partie principale du coffret est garnie de maroquin vert également décoré à l’or au petit fer d’une suite d’étoiles et de fleurettes, présentant un plateau basculant maintenu par une serrure en vermeil ciselée signée « Biennais Orfèvre de Sa Majesté l’Empereur et Roi ».


Ce plateau contient :
- un ciseau en acier à prise aux trois ors ciselée de feuillages et de fleurs sur fond amati. Poinçon d’orfèvre de P.F. QUEILLE.
- un « Pied de Roy »en nacre à garnitures en or ciselé sur fond amati signé « Biennais Orfèvre de Sa Mté l’Empereur »
- Un cachet à manche en nacre découpé et travaillé à jours sur lequel se monte deux cachets : le 1er, pour la correspondance publique, ovale, en or ciselé de palmes, enrichi d’un filet d’émail bleu et gravé des Grandes Armes royales de Westphalie ceintes des colliers de la Légion d’honneur et de la Couronne de Westphalie.

Le 2nd, pour la correspondance privée, ovale en or ciselé de palmes, enrichi d’un filet d’émail bleu et gravé d’un angelot appuyé sur une ancre de marine près d’un écu au chiffre « JC » entrelacé ( Jérôme – Catherine, son épouse).
- Un taille-plume à manche en nacre et or avec écusson chiffré « JN » sous couronne - Un porte-fusain en or ciselé à deux bagues coulissantes ornées d’émail bleu.
- Un porte-plume en or à manche en nacre. - Un compas et ses trois accessoires en acier poli glacé, à monture en or.
- Un compas sec en acier poli, à prise en or. - Un tire-ligne à manche en nacre, monture en or. - Un ouvre-lettres à manche en nacre, garnitures en or, écusson au chiffre « JN » sous couronne », avec une lame en vermeil.
- Un taille-crayon, lame en acier poli, à manche en nacre et garnitures en or, à écusson au chiffre « JN » sous couronne. - Un poinçon, à manche en nacre et monture en or, à écusson au chiffre « JN » sous couronne.
- Une clochette en métal doré ciselé de feuillages et gravée du chiffre « JN  », à prise en aigle ciselé en ronde bosse, dévissable.
- Un flacon en cristal taillé à pointes de diamant. Bouchon en or à filet d’émail bleu (léger éclat).
- Deux bougeoirs à trois bras pliants, en bronze doré ciselé de palmes, feuillages et fleurs, pouvant se monter en s’encastrant sur les côtés du plumier.
- Deux compartiments à lourds presse-papiers en acier poli glacé, ciselé, à prises au lion en bronze doré, ciselé en ronde bosse. En bordure, logées en superposition, deux règles d’ébène ornées de motifs en or découpé et incrusté, certains au chiffre du Roi « JN ».
En partie haute, un plumier plaqué d’ébène portant de part et d’autre deux logements contenant deux boîtes en vermeil gravées au chiffre « JN » sous couronne, plats des bordures ciselés.

Deux autres logements : l’un contenant le sablier en vermeil, à bordure de frise d’entrelacs, orné d’aigles aux coins, fermoir chiffré. L’autre contient un encrier en vermeil, dans le même décor de ciselure, à bouchon à vis orné sur le couvercle d’une tête de Méduse, chiffré également.

Ce plateau est garni au centre d’une serrure en vermeil ciselé, signé « Biennais Orfèvre de Sa Majesté l’Empereur et Roi ». Ouvert et relevé, il était garni en dessous d’une serrure maintenant deux tiroirs secrets (qui manquent).
Un autre compartiment secret, pour ranger des pièces d’or, est placé en dessous du plumier

Le pourtour du plat intérieur du coffret est entièrement garni sur les deux parties d’une plaque dorée ciselée en suite de palmes entrecoupées de rinceaux et fleurettes enjolivées aux angles du chiffre « JN » sous couronne, ils protègent des pennes encastrés et à système pour le maintien du couvercle. Toutes les pièces sont poinçonnées du poinçon d’Orfèvre Biennais et portent des poinçons d’argent et d’or (1803-1809), à l’exception du ciseau en or, signé de l’orfèvre Queille et des pièces décrites en bronze doré. Dimensions de l’écritoire : 54 x 32 x 15 cm (Petites usures au cuir et un petit fêle à un angle intérieur).
Epoque Premier Empire (vers 1807-1809).

Pièce exceptionnelle : il est à noter que c’est l’un, sinon le plus bel écritoire fourni par Biennais, d’une richesse et d’une qualité de ciselure que seul ce grand orfèvre savait fabriquer et fournir aux plus grands de l’épopée.

Provenance : - Jérôme Napoléon (1784-1860), Roi de Westphalie. - Par descendance, à sa fille, la Princesse Mathilde, mariée au Prince Anatole Demidoff (1812-1870). - Vente du Prince Anatole Demidoff, Palais de San Donato, Charles Pillet, Paris, 15 mars – 3 mai 1870. Lot 248. - Collection de Giulia Morosini, American Art association Galleries, New York, 11-15 octobre 1932, lot 1743. - Collection Calvin Bullock, Christie’s Londres, 8 mai 1985, lot 95.


œuvre en rapport : - On notera les similitudes entre la clochette et la cloche sur réchaud, elle aussi de Biennais, conservée au Musée de l’Orfèvrerie de la Communauté française de Seneffe, reproduite p.80 du catalogue de l’exposition « Jérôme Napoléon Roi de Westphalie ». - Nécessaire de toilette du roi Jérôme par Biennais Martin-Guillaume (1764-1843) conservé Ajaccio, Palais Fesch, musée des Beaux-Arts.


Biographies : Jérôme Bonaparte (1784-1860). Roi de Westphalie (1807-1813), il épousa en secondes noces Catherine de Wurtemberg (1807).
Gouverneur des Invalides (1848), maréchal de France (1850), il fut président du Sénat en 1852. Il eut de Catherine de Wurtemberg trois enfants, dont : Mathilde (Trieste 1820-Paris 1904), princesse Demidov par son mariage et qui tint à Paris un salon célèbre , Napoléon, dit le prince Jérôme (Trieste 1822- Rome 1891), sénateur et ministre de l’Algérie et des Colonies sous le Second Empire, qui s’opposa néanmoins à la politique de son cousin Napoléon III. Martin Guillaume Biennais (1764-1843). Maître tabletier en 1788, il rachète le fonds du tabletier Anciaux. L’affaire prospère mais un événement va favoriser sa fortune : Biennais accepte de fournir à crédit le général Bonaparte, tout juste rentré d’Egypte.
Ce dernier, une fois Premier Consul puis Empereur, ne l’oubliera pas. Avec la fin des corporations, Biennais diversifie ses activités en plus de la tabletterie. Ses ateliers, qui vont compter jusqu’à 150 personnes, sont spécialisés dans l’ébénisterie, l’orfèvrerie, puis, plus tardivement, la production d’armes de luxe. En 1804, il exécute les Regalia du sacre de Napoléon et en 1805 ceux du couronnement de Milan. Il approvisionne toutes les cours européennes (Bavière, Russie, Wurtemberg…) mais surtout il a l’exclusivité des fournitures pour la table impériale (les services à thé de Joséphine puis de Napoléon Ier, des services en argent, un service dit « vermeil ordinaire » ainsi qu’un service de dessert en vermeil).

En 1806, il remporte une médaille d’or à l’exposition des Produits de l’industrie. Il produit également les armes de luxe et les ordres de chevalerie destinés à l’Empereur, la famille impériale et les dignitaires français et étrangers. La Restauration, même si elle marque la fin des rapports entre Biennais et le pouvoir, n’entame pas son prestige auprès des cours étrangères, en témoignent le service de table livré pour Nicolas Pavlovitch ou la toilette de Catherine du Wurtemberg (1818).

Biennais vend son affaire à Cahier en 1821. Il reçoit la Légion d’honneur en 1831, preuve que la Monarchie de Juillet n’oubliait pas les grandes gloires de l’Empire. Bibliographie : « Musée de San Martino à l’Ile d’Elbe. Catalogue des objets de souvenir et d’intérêt historique réunis dans le monument érigé par le Prince Anatole de Démidoff en 1856. » Florence, Imprimerie Le Monnier, 1860. Le nécessaire est référencé sous le numéro 148 (p.74) : « Grand nécessaire écritoire donné en 1810 par S.M.la Reine de Westpahlie au Roi Jérôme.

Boîte en bois de racine, garnie extérieurement d’ornements d’acier sur lesquels ressortent des Aigles et des abeilles d’or. Au milieu le chiffre J.N. avec couronne royale » Suit le contenu du nécessaire.
On y apprend qu’à cette époque le coffret était contenu dans une caisse revêtue de cuir avec ferrures en cuivre portant l’inscription « Ecritoire pour le service de S.M. le Roi de Westphalie »

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