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Lot 241 - commode à portes de forme rectangulaire en acajou et placage d’acajou, la ceinture [...]

Estimation : 25 000 € / 35 000 €

Adjugé 162 500 €


Résultat avec frais

Commode à portes de forme rectangulaire en acajou et placage d’acajou, la ceinture bandeau présente un décor en verre églomisé de vases Médicis alternés avec des divinités du Parnasse tels que Mercure, Apollon, Hercule, Mars,..or sur fond vert céladon ainsi que des décors dorés de Bacchanales et de scènes représentant Cupidon (dieu de l’Amour , fils de Vénus et de Mars) tiré par deux dauphins et tenant une lyre assis sur un lion sur fond noir dans des réserves à pans coupés sur les panneaux latéraux et les deux vantaux en façade.

Les montants antérieurs en gaine surmontés de têtes d’éphèbe et postérieurs en pilastre
Elle est ornée d’une riche décoration de bronzes ciselés et dorés tels que les frises d’encadrements de palmettes et de perles, libellules en appliques, elle repose sur une plinthe.
Par RASCALON (non estampillée)
Epoque Empire
(quelques accidents de placage, un éclat au verre en ceinture et petites altérations des fonds noirs des églomisés)
Dessus de marbre Levanto
H : 86 - L : 129 - P : 58,5 cm


Provenance:
- Collection du Maréchal Soult
- Château de Montchevreuil, collection de la marquise de Balleroy


Antoine Rascalon (1742-1830) bénéficie d’une étude assez approfondie 1, mais nous ne savons encore aujourd’hui que peu de choses sur ce «Sculpteur Décorateur» qui excelle dans le décor de verre églomisé et devient alors «sculpteur et graveur en or sur glace» après la révolution.
Si la technique du verre églomisé apparaît dès l’Antiquité, elle est remise à la mode par Jean-Baptiste Glomy (1711- 1786) qui laissera son nom à ce décor consistant à fixer une feuille d’or ou d’argent sous une glace, puis à graver cette feuille avec une pointe sèche afin de faire apparaître un décor.

Antoine Rascalon est répertorié comme ébéniste dans «les Fournisseurs de Napoléon Ier et des deux Impératrices» 2, établi rue du faubourg Saint-Denis, sous l’Empire, il décore ses meubles d’ornements et de sujets dorés gravés à la pointe sèche sous verre comme en atteste la commode que nous présentons.
Il participe à l’Exposition industrielle de 1806 : le rapport du jury note «Rascalon a donné des preuves de bon goût dans l’emploi de ses ornements»
En 1807, il fait une soumission pour le service du Garde-Meuble : table d’acajou, un camée au milieu sur un fond de bacchantes qui dansent ....2 000 f
Autre table avec camée....2 000 f
Autre table avec camée : deux faunes assis jouant de divers instruments au son desquels de jeunes bacchantes dansent dans des entrelacs de guirlandes de fleurs 3. Des dessins de ces guéridons sont conservés dans une collection privée 4.

Nous connaissons deux insignes meubles Rascalon est surtout connu pour ses décors de piano-forte pour lesquels, il collabore étroitement avec la maison Erard : nous citerons en 1804 celui exécuté pour Hortense de Beauharnais future reine de Hollande, aujourd’hui au Musée National du château de Fontainebleau, un autre Piano-forte pour son palais à Amsterdam en 1808 6.

On peut aussi mentionner un piano-forte provenant de la collection de Madame Savary, duchesse de Ravigo, daté 1809 et conservé aujourd’hui à la Cité de la Musique, musée de la Musique, et celui de l’Impératrice Marie-Louise, livré le 10 août 1810, pour le salon des glaces à Trianon conservé aujourd’hui au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

1 «Antoine Rascalon, décorateur de piano-forte d’apparat» Michel Robin in L’Estampille, l4objet d’Art , février 2003, p.70-82. Reproduite dans» Matériaux et Documents d’Art Décoratif, Oeuvres de Belles Demeures, Meubles,» Paris 1908-1909, Guérinet Ed. Pl. CII

2 «les Fournisseurs de Napoléon Ier et des deux Impératrices» Maze Censier, Paris 1893, Chapitre XII, p.287.

3 A/N. O(2) 623

4 Reproduits dans «Les Ebenistes du XIXe siècle 1798-1889, leurs oeuvres et leurs marques» D. Ledoux-Lebard, Paris 1984, l’Amateur Ed., p.541.

5 la commode est reproduite dans «Colecciones Reales de Espana- El Mueble» L. Feduchi, 1965, Editorial Patrimonio Nacional, p. 370 et 416, et dans «El Palacio Real de Madrid» Madrid 1975, p. 194. Le sécrétaire à abattant a rejoint la commode plus recemment dans les années 2008 -2010

6 «Empire Furniture 1800-1825» Serge Grandjean, Londres 1966, Faber & Faber Ed., p. 82

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